- Franchise de 1 € : On veut responsabiliser tous les patients.
Remarques : Malheureusement y compris ceux qui n’ont pas besoin de l’être : les patients responsables mis dans le même sac ; se sentent-ils respectés ? Par ailleurs les patients irresponsables qui ne sont pas à 1 € près continueront comme par le passé.
- Choix d’un médecin référent : On veut éviter le nomadisme médical.
Remarques : Les patients responsables soucieux de leur santé ont tout naturellement un médecin Traitant. C’est une attitude de simple bon sens, et un excellent moyen pour un suivi efficace d’une famille. Aider les citoyens à pratiquer ainsi est bon pour leur santé et celle de leur famille. Inciter les patients mal éclairés revient à toucher la bonne cible, sans vraiment mettre dans le même sac les patients responsables.
- Présentation du Dossier Médical Personnel : On veut réduire la multiplication des prescriptions médicales, et renforcer la qualité du suivi médical.
Remarques : Dans la mesure où la confidentialité est assurée, un Dossier Médical Personnel ne peut aller que dans le sens d’une santé mieux prise en compte. Tout patient conscient de ses intérêts ne peut être que d’accord. Ici aussi viser les patients irresponsables revient à toucher la bonne cible, sans vraiment mettre dans le même sac les patients responsables.
Alors peut-on s’en tenir à ces considérations sommaires ? En matière de Sécurité Sociale, les moyens techniques permettent aujourd’hui de connaître précisément les abus de tous ordres [1] : - ceux des personnes qui consultent sans réelle nécessité ; - ceux des professionnels complaisants.
Alors pourquoi ne pas le faire ? Pourquoi recourir à une généralisation de la sanction [2], sans distinguer les citoyens éclairés [3] de ceux qui abusent [4] ? Qui peut croire que ces dispositions constitueraient une solution aux déficits de la Sécurité Sociale ? Ou bien améliorerait la moralité des abuseurs ? Bien au contraire, ces dispositions vont aggraver le déficit, en multipliant les visites [5], et ne corrigeront pas les comportements abusifs ; les abuseurs, connaîtraient-ils la sanction de leurs abus ? Quel médecin éconduirait un patient [6], par trop solliciteur, sans penser un instant au risque de passer à côté d’un problème qui le conduirait devant les tribunaux [7] ? Quel médecin accepterait de jouer un rôle de simple filtre dispacheur ? La vocation des médecins est-elle de soigner ou de trier les patients ? Doit-on transformer les médecins en dispacheur ? N’est-ce pas la Sécurité Sociale qui doit sanctionner les abuseurs ? N’est-ce pas injurieux de voir mettre les citoyens corrects dans le même sac que les abuseurs ? Où est la justice ? Les citoyens normaux vont-ils toujours accepter les amalgames ? Pourquoi les décideurs adoptent-ils de telles attitudes, et de telles approximatives "solutions" ? Ne s’agit-il pas d’une grave anomalie interdisant le courage politique ? Les décideurs voudraient-ils éviter de sanctionner les fautifs (les abuseurs), et personne en particulier, en dépersonnalisant leurs décisions ? Cette méthode ne serait-elle pas pratiquée par des individus de tous ordres [8], par manque de courage ou bien parce qu’ils n’auraient pas l’esprit serein ? Pour la seule satisfaction de leurs auteurs pensant, dans la quête de réponses, ne pas faire trop de vagues ?
Pour exercer une réelle autorité ne faut-il pas être irréprochable, et sans peur de se voir mettre en cause personnellement ? Un mauvais père pourrait-il être crédible de ses enfants en voulant leur enseigner la probité ? Pourraient-ils les sanctionner en cas de manquement ? De même les politiques, pourraient-ils exercer une réelle autorité sans craindre d’être mis en cause eux-mêmes, au risque de désordres publics ? A quoi conduirait une politique qui utiliserait la punition générale ? Règlerait-elle les problèmes posés ? Ou bien n’aboutirait-elle pas à un pourrissement des esprits d’abord ? Et de la démocratie ensuite ?
Assemblée République